Riyad Mahrez quitte la CAN : pourquoi ne reçoit-il pas l’adulation réservée à Sadio Mané et Mohamed Salah ?
La fin de parcours de Riyad Mahrez à la CAN a surpris plus d’un observateur : annonce d’adieu, élimination en quarts face au Nigeria et un sentiment dominant d’ingratitude relative. Pourtant, le joueur algérien quitte la scène continentale avec un palmarès et des moments décisifs qui auraient justifié des hommages plus soutenus. L’analyse met en lumière plusieurs facteurs : différences de trajectoire de carrière, visibilité médiatique, rôle tactique au sein d’une équipe en mutation et attentes nationales. Les trajectoires de Sadio Mané et de Mohamed Salah, souvent citées en parallèle, offrent un miroir révélateur des mécanismes d’adoration autour des joueurs africains. Entre performances sportives, récit public et dimension symbolique, pourquoi l’ovation n’a-t-elle pas suivi Mahrez jusqu’à son dernier match de CAN ? Cet article examine, match après match, déclaration après déclaration, les éléments qui expliquent ce paradoxe.
- Annonce d’adieu : Mahrez a confirmé que la CAN 2025 serait sa dernière édition, déclarant vouloir laisser place à la nouvelle génération.
- Performance sportive : auteur de trois buts en phase de groupes, il n’a pas suffi à contrer l’échec collectif en quarts.
- Comparaison athlétique : Salah et Mané bénéficient d’une image plus médiatique et d’un rôle de leader plus affirmé au sein de leurs sélections.
- Rôle tactique : Mahrez, souvent utilisé comme solution technique, peine à s’insérer dans le tempo élevé imposé par la nouvelle direction.
- Héritage : malgré un palmarès imposant (titre à la CAN, saisons références en club), son adulation reste moindre pour des raisons culturelles et médiatiques.
CAN 2025 et l’adieu annoncé de Riyad Mahrez : contexte et conséquences
Riyad Mahrez a officialisé avant le match décisif contre le Nigeria que la CAN 2025 serait sa dernière compétition continentale. Cette déclaration a été perçue par certains comme une mise en garde, par d’autres comme un adieu plus symbolique que définitif, sachant que le joueur devrait encore participer à la Coupe du Monde quelques mois plus tard.
Sur le plan sportif, la campagne algérienne a connu des hauts et des bas : des débuts convaincants ponctués par des réalisations personnelles — Mahrez inscrivant trois buts lors des rencontres contre le Soudan et le Burkina Faso — mais une sortie précoce en quarts face au Nigeria (0-2) a terni le récit. Le match contre les Super Eagles a révélé des failles collectives : incapacité à imposer le rythme, manque de tirs tôt dans la rencontre et une difficulté à exploiter la faiblesse apparente du gardien adverse.
La déclaration et son poids symbolique
La décision de quitter la CAN a renforcé l’idée d’un mouvement de transition au sein de l’équipe des Fennecs. À 34 ans, le joueur alignait une carrière internationale de plus d’une décennie, débutée lors de la campagne mondiale de 2014. Ses propos après l’élimination — le souhait que la « nouvelle génération » prenne le relais — ont été lus comme une passation de témoin.
Pourtant, cette annonce n’a pas généré le même emballement populaire qu’ont suscité d’autres stars du continent. Plusieurs facteurs expliquent ce silence relatif. D’abord, l’élimination prématurée rend tout hommage posthume de tournoi difficile : la sortie frustrante limite la célébration. Ensuite, la relation entre Mahrez et certains pans de l’opinion publique algérienne a été parfois tumultueuse, influant sur la tonalité médiatique.
Amar Bentahar, un fil conducteur pour comprendre la perception
Le scout fictif Amar Bentahar, basé à Alger et observateur depuis quinze ans des talents nord-africains, suit la carrière de Mahrez avec attention. Amar note que lors des matches de la CAN, Mahrez a souvent attiré une attention technique mais pas toujours un engouement émotionnel. « Les supporters apprécient la qualité, mais ils attendent de la rudesse, de l’engagement visible », explique Amar en notant que l’équilibre entre élégance et agressivité sur le terrain est au cœur de la passion populaire.
En filigrane, la sortie de Mahrez pose la question du type d’icône que les publics africains valorisent aujourd’hui : l’artiste raffiné, souvent admiré mais moins idolâtré, ou le leader conquérant dont la présence galvanise les foules ?
Insight final : la tonalité de l’adieu de Mahrez tient autant à la défaite collective qu’à la perception culturelle du rôle de leader, une nuance majeure pour comprendre le manque d’adulation.
Comparaison athlétique et médiatique : Riyad Mahrez face à Sadio Mané et Mohamed Salah
La comparaison entre Riyad Mahrez, Sadio Mané et Mohamed Salah est inévitable. Tous trois incarnent, à leur manière, l’ascension récente des joueurs africains sur la scène mondiale. Cependant, leurs trajectoires diffèrent nettement, tant sur le plan des honneurs individuels que dans l’impact symbolique sur leurs nations respectives.
Palmarès et accolades : des distinctions parfois trompeuses
Sur le plan des titres en club et distinctions individuelles, Mahrez ne démérite pas. Sa saison 2015-16 avec Leicester demeure historique : un titre de Premier League improbable, couronné par des prix individuels (PFA Players’ Player et Fans’ Player). Ensuite, le passage à Manchester City a multiplié les trophées nationaux et européens, tandis que ses performances décisives en Ligue des champions ont rappelé sa qualité dans les grands rendez-vous.
Pourtant, Salah et Mané, via Liverpool, ont construit une narration différente : rôle central dans une équipe iconique, exploits réguliers en Ligue des champions et une présence médiatique continue. Salah a accumulé des nominations au Ballon d’Or et des records de buts ; Mané a incarné une transition vers une figure continentale, notamment en remportant la CAN avec le Sénégal et en affichant une influence incontestable sur le plan collectif.
Visibilité, marketing et récit public
La visibilité joue un rôle déterminant. À Liverpool, Salah et Mané bénéficient d’une plateforme médiatique énorme. Le récit qui en découle — deux héros africains menant un club historique vers des sommets — est facilement exportable et mobilise l’imaginaire collectif. Mahrez, bien que titré et brillant individuellement, a souvent évolué dans des équipes où il n’était pas l’unique star. À Manchester City, la constellation de poumons techniques et la hiérarchie collective ont parfois éclipsé ses moments de gloire.
Les retombées médiatiques consistent en narrations, images répétées et symboles : Salah, Mané et Mahrez n’ont pas eu la même exposition audiovisuelle ni le même positionnement marketing. Ce déséquilibre contribue fortement à l’ampleur de l’adoration publique.
Comparaison athlétique et style de jeu
Sur le plan strictement athlétique, la comparaison athlétique repose sur plusieurs éléments : vitesse, puissance, endurance et constance des hautes performances. Mané et Salah ont souvent été loués pour leur capacité à maintenir un rendement élevé sur plusieurs saisons, combinant vitesse de pointe et volume de courses. Mahrez, quant à lui, compense par une technique supérieure, un jeu de corps, un sens du dribble et une finition chirurgicale, mais sa capacité à couvrir de grandes distances et à presser intensément a diminué avec l’âge.
- Mané : profil de box-to-box attack, intensité physique, influence défensive et offensive.
- Salah : régularité de buts, positionnement intérieur, records individuels et leadership offensif.
- Mahrez : créativité, qualité de passe et frappe, influence décisive par moments mais moins constante sur la durée d’un match.
Insight final : la différence d’adulation se nourrit d’un mélange d’histoires de clubs, d’exposition médiatique et de profil athlétique ; Mahrez reste une star technique mais n’a pas toujours eu le récit collectif qui galvanise le public.
Raisons culturelles et médiatiques de l’absence d’ovation pour Mahrez
L’absence d’une adulation incontestée pour Riyad Mahrez trouve aussi ses racines dans des mécanismes culturels et médiatiques propres à l’Afrique et aux diasporas. La manière dont un joueur est raconté conditionne largement l’intensité des émotions publiques. Dans le cas de Mahrez, plusieurs phénomènes convergent.
Le récit national et les attentes populaires
En Algérie, le football est un marqueur identitaire puissant. Les supporters exigent visibilité, engagement, et souvent une dimension héroïque. Mahrez a apporté des moments inoubliables, mais son image de joueur fin technicien peut parfois paraître éloignée du modèle du combattant collectif. La nostalgie du succès 2019 (titre de la CAN) met en relief les attentes : la génération suivante doit incarner un mélange de talent et de dépassement de soi visible. Lorsque l’équipe échoue, la critique se focalise inévitablement sur les leaders, et leur adulation s’estompe.
Un exemple concret observé par le scout Amar : lors d’un match à Oran, Mahrez a été applaudi pour ses gestes techniques, mais la ferveur n’a pas atteint l’obsession collective réveillée par des performances perçues comme héroïques.
Rôle des médias et des réseaux sociaux
Les médias façonnent des archétypes. Mohamed Salah est souvent érigé en symbole national pour l’Égypte ; Sadio Mané a bénéficié d’une narration autour de son engagement social et de son charisme naturel. Mahrez, malgré ses actions caritatives, n’a pas toujours eu un storytelling aussi construit, y compris à l’échelle internationale.
Les réseaux sociaux exacerment également les différences. Des hashtags, des mèmes et des clips dominent l’attention. Les moments forts de Salah et Mané deviennent viraux, amplifiant leur aura. Mahrez produit des moments de classe mais parfois moins « clipables » pour l’audience virale moderne.
Conséquences politiques et diplomatiques
Les tensions régionales, comme la rivalité entre l’Algérie et le Maroc évoquée lors de l’échec d’une demi-finale hypothétique, compliquent les récits sportifs. Les joueurs qui deviennent des symboles diplomatiques gagnent un prestige supérieur. L’absence d’un tel rôle pour Mahrez à l’échelle régionale diminue la portée politique de son image.
Insight final : l’adulation est aussi un produit du récit ; Mahrez a souffert d’une absence de storytelling global et d’un décalage culturel entre son style et les attentes populaires.
Analyse tactique : la place de Mahrez dans l’Algérie de Petkovic et les failles révélées
Sur le plan tactique, la gestion de Riyad Mahrez durant la CAN a soulevé des questions précises. Vladimir Petkovic a souvent aligné le capitaine dans un rôle avancé à droite, en attente de combiner créativité et finition. Dans la pratique, l’intégration s’est révélée plus difficile que prévu.
Positionnement et tempo : une question d’harmonie
Mahrez a tendance à rechercher des positions avancées, alignées parfois avec Mohamed Amoura et légèrement devant Ibrahim Maza. Cette intention offensive, cependant, nécessite un degré d’intensité et de mobilité collective que la sélection n’a pas toujours affiché. L’équipe imposait des enchaînements rapides, des permutations et un pressing haut ; or, le rythme exigé a mis en évidence la diminution de la marge physique de Mahrez.
Les minutes jouent un rôle révélateur : remplacé systématiquement entre la 60e et la 75e minute lors de plusieurs rencontres, Mahrez n’a pas pu offrir une influence soutenue sur la durée des rencontres clés. Cette gestion traduit un arbitrage tactique : préserver la qualité technique en première mi-temps, puis injecter fraîcheur et intensité via des remplaçants.
Exemples de matchs et décisions clés
Contre le Nigeria, la sélection algérienne n’a tiré au but de manière construite que tard dans le match. L’absence d’occasions précoces et le choix de débuter avec Mahrez en pointe de la créativité ont privé l’équipe d’un conservatisme offensif plus direct. Le manque d’exploitation du point faible apparent du gardien adverse illustre une carence d’analyse préalable ou de prise de risque excessive.
Dans le match contre la RD Congo, l’entraîneur a opté pour un changement tardif qui a été payant ; cela montre que la solution n’était pas uniquement dans le jeu de Mahrez mais dans la gestion collective du temps de jeu et des phases décisives.
Conséquences individuelles : performance et perception
Statistiquement, Mahrez a marqué trois buts dans le tournoi, mais ces chiffres ne reflètent pas la qualité des minutes globales. La tension entre valeur individuelle et utilité collective explique en partie pourquoi l’adulation n’a pas suivi : le public attend un leader capable d’influencer un match sur 90 minutes et pas seulement par des éclairs.
Insight final : la gestion tactique a mis en lumière une réalité simple — l’efficacité d’un joueur dépend autant du contexte collectif que de ses qualités intrinsèques ; Mahrez a payé le prix d’un mauvais équilibre entre élégance et intensité.
Héritage, palmarès et la place de Mahrez dans le panthéon africain
Évaluer l’héritage de Riyad Mahrez nécessite de croiser palmarès, moments emblématiques et influence sur plusieurs générations. Au-delà du manque d’adulation immédiat, la carrière de Mahrez comporte des éléments qui garantissent sa présence dans le panthéon des grands noms du football africain.
Palmarès et moments-clés
Le titre à la CAN 2019, la saison historique avec Leicester et les trophées remportés à Manchester City forment un dossier imposant. Les distinctions individuelles, comme le titre de meilleur joueur africain en 2016 et les prix PFA en 2016, confirment l’impact sur le plan individuel.
Des moments comme les performances décisives en Ligue des champions — notamment face au PSG — et des buts cruciaux en sélection ont forgé une renommée solide, parfois discrète mais durable. La capacité de Mahrez à produire des actions décisives dans des grands rendez-vous reste un argument central pour son héritage.
La comparaison avec Mané et Salah : justice historique
Si l’adulation immédiate a favorisé Salah et Mané, le temps relativise souvent les perceptions. Les trophées et la longévité laisseront des traces : la comparaison doit intégrer les contextes club et sélection. Mahrez possède plus d’honneurs collectifs sur le plan des titres de clubs, tandis que Salah et Mané ont construit des profils de leaders émotionnels.
La postérité dépendra aussi des récits qui persistent : anecdotes, gestes marquants et postures publiques. Mahrez a des séquences qui continueront d’être réutilisées par les médias sportifs pour illustrer la virtuosité technique.
Projection et influence sur la nouvelle génération
La véritable mesure de l’héritage se voit dans l’influence sur les jeunes. Des académies en Afrique du Nord aux terrains urbains de France et d’Algérie, les jeunes joueurs citent Mahrez comme modèle technique. Le scout Amar observe déjà des profils hybrides chez les U19 qui cherchent à reproduire la combinaison d’agilité, de frappe et de vision propre au Sarcelles-born winger.
Insight final : l’absence d’adoration immédiate n’efface pas un héritage de classe et d’influence ; Mahrez restera un repère pour les générations futures, même si sa sortie de la CAN n’aura pas été célébrée à la hauteur de son statut.
Pour compléter la mise en perspective, une séquence vidéo comparant les moments décisifs de Mahrez, Salah et Mané fournit un outil de lecture utile aux observateurs et entraîneurs.
Pourquoi Riyad Mahrez a-t-il annoncé la fin de sa carrière à la CAN ?
Mahrez a indiqué que la CAN 2025 serait sa dernière participation au tournoi continental afin de laisser la place à une nouvelle génération, tout en restant disponible pour la Coupe du Monde qui suivait. Cette décision répond à un besoin de transition au sein de l’équipe nationale.
Mahrez mérite-t-il plus d’adulation que celle reçue ?
Sur le plan sportif et historique, Mahrez a des arguments solides : titre à la CAN, saison monumentale à Leicester, succès en club et performances décisives. Le manque d’adulation immédiate tient davantage à des facteurs médiatiques, culturels et tactiques qu’à une insuffisance de carrière.
Quelles différences expliquent l’adulation autour de Salah et Mané ?
Salah et Mané bénéficient d’une narration médiatique puissante, d’un rôle central chez Liverpool à une période iconique, et d’une continuité de haut niveau. Le storytelling, la visibilité et l’incarnation d’un modèle national expliquent leur adulation supérieure.
La carrière internationale de Mahrez influence-t-elle les jeunes joueurs africains ?
Oui. Malgré la perception publique contrastée, Mahrez reste une référence technique pour de nombreux jeunes en Afrique et en Europe. Son parcours, de Leicester à Manchester City et le titre continental, offre un modèle de réussite pour les espoirs du continent.
Je suis analyste football et rédacteur spécialisé dans les compétitions internationales, les équipes nationales et l’évolution du jeu moderne. À travers mes articles, j’apporte une lecture claire, documentée et accessible du football mondial, en mettant l’accent sur le contexte, l’analyse et la compréhension plutôt que sur le simple résultat.
