Roberto De Zerbi à l’OM : 18 mois de montagnes russes et d’options tactiques sans issue
Depuis son arrivée sur la Canebière, l’OM vit au rythme de variations extrêmes : des séquences de jeu enthousiasmantes suivies de retombées brutales. En 18 mois, l’entraîneur italien a alterné audace et tâtonnements, imposant une stratégie de possession souvent séduisante, mais qui a parfois sombré face à des problèmes d’énergie, de gestion des émotions et d’adaptations in-game discutables. Le dernier épisode, une défaite 0-2 contre Nantes marquée par deux expulsions et des choix tactiques contestés, cristallise une instabilité chronique. Cet article décortique en profondeur ces mois d’ascensions rapides et de descentes abruptes, analyse les options tactiques proposées — et pourquoi elles n’apportent pas encore de solutions durables —, examine la gestion du groupe, les implications sur le mercato et propose des pistes concrètes pour retrouver une trajectoire plus régulière.
- Montagnes russes : alternance de matches dominés et de rechutes inattendues.
- Options tactiques : systèmes fluides mais fragiles, souvent incapables de s’adapter aux imprévus du match.
- Instabilité : gestion des émotions, expulsions récurrentes et baisse d’énergie au mauvais moment.
- Stratégie : vision séduisante mais manque de redondances pragmatiques et d’options défensives fiables.
- Résultats : position au classement décevante au regard des ambitions et des moyens.
Roberto De Zerbi à l’OM : diagnostic des 18 mois de montagnes russes
La trajectoire de Roberto De Zerbi depuis son arrivée à l’OM s’apparente à une série d’expériences : parfois brillantes, souvent incomplètes. Durant ces dix-huit mois, l’équipe a montré une capacité réelle à produire du jeu, à remonter les lignes et à étouffer des adversaires par un pressing organisé.
Cependant, ces phases ascendantes sont suivies de retours en arrière spectaculaires. Le match contre Nantes, le 4 janvier 2026, est symptomatique : une défense à trois déployée d’entrée, un sentiment d’apathie dès le coup d’envoi et deux expulsions ont précipité la chute. Les responsabilités se répartissent entre l’état d’esprit des joueurs, la préparation physique et des choix tactiques discutables. L’entraîneur a admis chercher les raisons de ces oscillations, évoquant un « syndrome » préexistant au club, mais la réalité montre que depuis sa prise de fonction, les montagnes russes se sont accentuées.
Un observateur averti remarquera que la dynamique fluctuante n’est pas seulement sportive : elle est aussi culturelle. Le club et la ville vivent une pression médiatique continue, où chaque match est vécu comme une épreuve identitaire. Les joueurs jeunes, comme certains promus de la réserve, oscillent entre confiance et panique, ce qui se traduit par des fautes compromettantes et des expulsions évitables.
Exemples concrets et conséquences
Plusieurs rencontres illustrent ce diagnostic. Des victoires convaincantes ont été suivies de revers incompréhensibles contre des équipes supposées plus faibles. Face à Nantes, l’expulsion d’Arthur Vermeeren dès la 26e minute a enclenché une réaction en chaîne ; au lieu de rééquilibrer le plan de jeu, l’entraîneur a opéré des permutations qui ont davantage désorganisé qu’elles n’ont stabilisé. L’entrée de Bilal Nadir, puis son exclusion à la 56e minute, a laissé l’équipe à neuf contre onze, narratif dramatique s’il en est.
La conséquence principale est un effet psychologique récurrent : lorsque les phases hautes du cycle tournent mal, le groupe perd toute linéarité et, avec elle, la possibilité de bâtir une régularité. Ainsi, même les systèmes qui fonctionnent par séquences ne trouvent pas de continuité. Cela pose la question de la durabilité d’une stratégie fondée uniquement sur le style de jeu sans alternatives pragmatiques.
Lucien, un personnage récurrent dans cette analyse (supporter-de-formation et statisticien amateur), suit chaque match avec un carnet où il note « énergie, concentration, plan B ». Sa chronique personnelle montre que chaque défaite spectaculaire partage les mêmes indices prémonitoires : un entraînement raté, des duels perdus, puis une bascule émotionnelle. Ces constats renvoient à des besoins structurels : rotation mieux pensée, renforcement des profils physiques et mentalement stabilisés, et protocoles d’urgence tactique.
Insight final : la première étape pour sortir des montagnes russes est d’accepter que le style seul ne suffit pas ; il faut des garde-fous tactiques et psychologiques pour amortir les descentes.
Options tactiques : audace, tâtonnements et impasses
La signature de Roberto De Zerbi à l’OM a apporté une philosophie ambitieuse : domination du ballon, constructions en relance depuis le gardien, et transitions rapides. Pourtant, ces options tactiques, si séduisantes, ont fréquemment montré leurs limites quand l’adversaire résiste ou quand l’effectif manque d’énergie.
Le premier souci tient à la multiplicité des permutations. Passer d’une défense à trois à une défense plus conservatrice pendant le match demande des automatismes que l’effectif n’a pas toujours. Après l’expulsion contre Nantes, l’arbre de décisions n’a pas été le bon : retirer un attaquant pour tenter de tenir le score est logique, mais la manière et le moment ont sapé la stabilité. Des choix plus classiques — préserver un milieu compact, sacrifier un latéral pour un relanceur — auraient pu limiter les dégâts.
Systèmes observés : atouts et fragilités
Trois schémas ont été privilégiés : le 3-4-3 orienté vers la possession, le 4-2-3-1 pour la densité au milieu, et des variations asymétriques en phase offensive. Sur le papier, ces options tactiques offrent des solutions pour dominer territorialement. Mais la réalité du terrain expose des faiblesses : incapacité à verrouiller les couloirs, relances imprécises du gardien et dépendance à quelques joueurs techniques pour créer le déséquilibre.
Les permutations en jeu, comme faire jouer Weah latéral puis ailier, ont souvent provoqué un jeu de chaises musicales. Ces ajustements peuvent surprendre l’adversaire, mais ils demandent une préparation physique et mentale importante. Faute de cela, les joueurs perdent leurs repères et la cohérence du bloc s’effrite.
Un autre angle est la gestion des remplacements. Les changements tardifs ou inadaptés ont parfois aggravé la situation. Il manque une matrice de scénarios prête à l’emploi : pour chaque expulsion, blessure ou coup de froid, l’entraîneur devrait avoir une option prioritaire clairement anticipée.
Pour illustrer, un parallèle international montre que des clubs gérant mieux ces aléas construisent des routines : observation tactique, substitutions planifiées et messages simplifiés pour les joueurs. Une comparaison avec d’autres ligues, comme la Premier League, souligne que la capacité à pivoter rapidement entre conservation et pressing agressif est un marqueur de réussite. Pour un aperçu global, la plongée au coeur du football anglais décrit souvent cette adaptabilité comme essentielle Premier League : plongée au coeur du football anglais.
Les options tactiques doivent aussi intégrer la gestion des fausses pistes. Des équipes ont su maintenir un style attractif tout en possédant une option de replis stricte, souvent basée sur un milieu défensif capable de couper les lignes. À l’OM, l’absence d’un profil universellement fiable dans ce registre fragilise le plan. Sans cette sécurité, la stratégie se transforme parfois en risque systématique.
Insight final : l’audace tactique reste un atout si elle s’accompagne de scénarios de sauvegarde clairs et de profils joueurs adaptés à ces transitions.
Gestion du groupe, jeunes talents et la politique interne : le terrain des équilibres
L’instabilité tactique se double d’une complexité humaine. L’OM, club historique et médiatique, doit jongler entre ambitions sportives, impératifs financiers et intégration des jeunes. Roberto De Zerbi hérite d’un vestiaire où la pression est quotidienne et où les jeunes pousses sont attendues comme des solutions autant qu’elles sont vulnérables.
Le cas des jeunes talents est révélateur. Des discussions internes évoquent des dossiers comme ceux de Vaz et Bakola, jeunes joueurs prometteurs pris dans un jeu de pouvoir entre projet sportif et bilans financiers. La direction technique oscille entre promouvoir la formation et assurer des plus-values au mercato. Ce dilemme génère une tension palpable, car chaque minute donnée à un jeune est scrutée par les supporters et la presse.
La gestion émotionnelle est un autre point crucial. Les expulsions de Vermeeren et Nadir contre Nantes ne sont pas des incidents isolés. Elles pointent un déficit de contrôle collectif dans les moments clés. Le staff a multiplié les interventions psychologiques, mais la répétition des erreurs montre que des routines sur le terrain et hors du terrain restent à stabiliser.
Rôle des dirigeants et cohérence du projet
Pour qu’une stratégie prenne racine, la cohérence entre l’entraîneur et la direction est indispensable. Le président et le directeur sportif doivent offrir des garanties de stabilité, en particulier en matière de recrutement. Des profils comme un sentinelle robuste, un latéral défensif expérimenté et un leader de vestiaire ont été souvent suggérés.
Les coulisses comportent parfois des tensions. La communication publique et privée doit être alignée pour éviter que les décisions sportives subissent des pressions externes. Par exemple, la préparation du Trophée des champions face au PSG a été présentée comme une opportunité de vérité, mais elle a aussi ajouté un stress supplémentaire à l’équipe. Le contraste entre l’image-classe des rivaux — illustrée par la présence médiatique de stars comme Kylian Mbappé — et le quotidien marseillais souligne l’ampleur des défis. Un article récent évoquant la campagne de Mbappé permet de situer les attentes médiatiques autour du PSG, un rival constant sur le plan de l’exposition Mbappé et la campagne Dior.
Lucien suit aussi ces interactions et note que la confiance d’un vestiaire se gagne dans la répétition de gestes simples : communication claire au quotidien, responsabilités bien distribuées et moments collectifs de régénération mentale. Sans cela, l’instabilité se propage, et les résultats deviennent erratiques.
Liste de mesures prioritaires recommandées pour stabiliser le groupe :
- Mettre en place des scénarios tactiques standards pour chaque imprévu (expulsion, sortie sur blessure).
- Recruter un milieu défensif capable de jouer en couverture et relance.
- Renforcer la préparation physique pour éviter les baisses d’énergie récurrentes.
- Instaurer des routines psychologiques collectives pour la gestion des émotions.
- Clarifier la stratégie de formation vs. mercato afin de ne pas fragiliser les jeunes talents.
Insight final : l’équilibre entre projet sportif et exigence de résultats demande une gouvernance rassurante et des choix de recrutement cohérents.
Résultats, statistiques et comparaison : où en est l’OM réellement ?
Analyser les résultats des 18 derniers mois impose d’aller au-delà des anecdotes. Les chiffres montrent une hétérogénéité frappante : des victoires nettes, des matches nuls où l’équipe domine mais ne convertit pas, et des défaites surprenantes. La phase aller clôturée à la troisième place, à égalité avec Lille et huit points derrière Lens, traduit un bilan mitigé au regard des investissements et des ambitions.
La comparaison avec d’autres clubs européens révèle des tendances intéressantes. Voilà un exemple : certaines équipes gèrent mieux les expulsions et les périodes de faiblesse en s’appuyant sur une profondeur de banc pensée pour la polyvalence. D’autres championnats montrent des approches différentes ; un article sur Napoli, marqué par des expulsions en fin de match mais une résilience globale, illustre ces contrastes Naples domine la Lazio.
Un tableau synthétique aide à visualiser la situation :
| Periode | Matches | Victoires | Nuls | Défaites | Points clés |
|---|---|---|---|---|---|
| Juillet – Décembre (arrivée) | 18 | 9 | 5 | 4 | Style posé, premières failles physiques |
| Janvier – Juin (saison) | 22 | 10 | 6 | 6 | Inconstances, expulsions, blessures |
| Juillet – Décembre (saison suivante) | 20 | 8 | 7 | 5 | Bon contenu, résultats irréguliers |
Au-delà des chiffres bruts, il faut interpréter les causes. Les performances individuelles oscillent fortement : Geronimo Rulli, par exemple, enchaîne exploits et relances mal assurées. Mason Greenwood, attendu comme déclencheur offensif, n’a pas toujours réussi à tirer l’équipe vers le haut. Benjamin Pavard a parfois cédé sous pression et concédé des pénalités décisives.
Pour mesurer la santé d’un club, il est utile de considérer la stabilité des motifs : buts encaissés sur coups arrêtés, nombre d’expulsions, rendement après les 60e minute. Ces indicateurs montrent que l’OM perd souvent pied dans les fins de rencontre, quand l’énergie et la concentration manquent le plus. Ces éléments sont des signaux d’alarme quant à la gestion de la charge de travail et aux choix tactiques en fin de match.
Un parallèle historique peut enrichir la compréhension : des figures du football français comme Michel Platini ont parfois montré comment une planification prudente et une hiérarchisation des responsabilités permettent d’éviter les glissements émotionnels dans les rencontres décisives La carrière de Michel Platini.
Insight final : les résultats masquent souvent des problèmes structurels persistants ; seule une lecture fine des données permettra de transformer le style en performances régulières.
Perspectives, mercato et scénarios réalistes pour sortir de l’impasse
Regarder vers l’avenir impose de combiner pragmatisme et continuité. Le mercato doit répondre aux faiblesses identifiées : un milieu défensif travailleur, un latéral gauche défensif et un leader de vestiaire. Ces axes sont essentiels pour renforcer la base d’un jeu déjà séduisant.
Plusieurs scénarios sont plausibles. Le premier consiste en un renforcement ciblé et en une stabilisation des routines de base. Cela demande des recrutements limités mais précis, une gestion stricte des temps de jeu et un travail sur la cohésion. Le second, plus risqué, serait d’opérer un remodelage profond de l’effectif, offrant une nouvelle page mais impliquant du temps et des incertitudes.
Le marché montre des opportunités : certains profils de la Serie A ou de la Bundesliga — marchés souvent propices à des joueurs tactiquement formés — pourraient convenir. Des comparaisons externes, comme les hommages rendus à des jeunes talents dans d’autres championnats, offrent des repères sur la manière d’accompagner une intégration Musiala et l’hommage du fanclub.
Sur le plan tactique, l’idée n’est pas d’abandonner la philosophie de possession, mais de l’enrichir de plans secondaires : un bloc compact en 4-4-1, une transition défensive automatisée et l’assignation claire de responsabilités en cas d’expulsion. En outre, instaurer des tests de situations en entraînement (simulateur de crise) aiderait les joueurs à acquérir des réflexes de sauvegarde.
Lucien, fidèle fil conducteur, imagine un scénario où l’OM retrouve une régularité grâce à trois éléments : une recrue sentinelle, une rotation plus claire et une cellule psychologique renforcée. Ce schéma pourrait inverser la tendance actuelle.
Enfin, la communication publique doit devenir un outil de gestion. En fixant des attentes réalistes et en valorisant les progrès mesurables, le club apaisera la pression et favorisera un climat propice au travail de fond. Le Trophée des champions face au PSG reste un test médiatique, mais il peut aussi servir de repère pour jauger l’ambition réelle du groupe.
Insight final : l’OM a les moyens de sortir de l’impasse si la stratégie conserve son style tout en incorporant des solutions pragmatiques, un mercato ciblé et une gouvernance stabilisatrice.
Pourquoi l’OM connaît-il ces montagnes russes sous Roberto De Zerbi ?
La combinaison d’un style de jeu ambitieux, de problèmes physiques et psychologiques et d’options tactiques parfois inadaptées explique ces oscillations. L’absence de plans de replis clairement établis accentue l’instabilité.
Quelles options tactiques pourraient stabiliser l’équipe ?
Introduire une sentinelle fiable, formaliser des scénarios pour chaque imprévu (expulsion, sortie sur blessure) et simplifier certains schémas en match pour réduire les permutations sont des pistes concrètes.
Le mercato peut-il résoudre tous les problèmes ?
Le mercato aide, mais il ne suffit pas. Il faut une cohérence entre recrutement, travail tactique et gestion du groupe pour transformer les options tactiques en résultats durables.
Comment la pression médiatique influence-t-elle l’OM ?
La forte exposition du club et la comparaison constante avec des rivaux plus stables augmentent la pression sur les joueurs et amplifient les erreurs. Une communication mesurée peut aider à réduire cet effet.
Pour compléter la lecture, une mise en perspective culturelle et sportive permet de comprendre que l’OM n’est pas seul à vivre des cycles similaires ; d’autres clubs ont traversé des périodes comparables avant de retrouver une trajectoire régulière, souvent via une synthèse entre vision et pragmatisme. À suivre les prochains mois, notamment les décisions de mercato et la manière dont l’entraîneur ajustera ses options tactiques.
Je suis analyste football et rédacteur spécialisé dans les compétitions internationales, les équipes nationales et l’évolution du jeu moderne. À travers mes articles, j’apporte une lecture claire, documentée et accessible du football mondial, en mettant l’accent sur le contexte, l’analyse et la compréhension plutôt que sur le simple résultat.
